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Dans les médias cette semaine...

Syrie : Vague d’indignation au lendemain des vétos russe et chinois à l’ONU (5 février)

Alors que la répression du régime de Bachar Al-Assad n’en finit plus de faire des morts parmi la population civile en Syrie, c’est la deuxième fois en quatre mois que la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU au côté de la France, de l’Angleterre et des États-Unis, ont décidé d’apposer leur veto au projet de résolution visant à condamner les violences qui font rage en Syrie et demandant dans la foulée le départ du président syrien. Ce projet de résolution calqué sur le plan de sortie de crise de la Ligue arabe, avait pourtant reçu le soutien des treize autres membres du Conseil de Sécurité. Il prévoyait la mise à l'écart du président syrien comme étape préalable à une sortie de crise et dénonçait dans le même temps les violations des droits de l'homme commises par le régime syrien.

Les décisions russe et chinoise au Conseil de sécurité démontrent un fossé grandissant entre d’un côté le bloc occidental (États-Unis, France et Angleterre) et de l’autre les deux puissances non alignées (Russie et Chine) vis-à-vis de la crise syrienne. Tout d’abord, fossé entre des systèmes de valeurs différents puisque la problématique de l’ingérence humaine n’est pas reconnue comme une priorité par la Chine et la Russie. Fossé des intérêts stratégiques ensuite, tant du point de vue russe que chinois, pour qui la Syrie constitue en réalité un pivot stratégique pour contrer l’influence des États-Unis au Moyen-Orient et en Asie centrale.

En réaction aux vétos de la Russie et de la Chine, les diplomates des pays porteurs de la résolution au Conseil de sécurité se sont laissé aller à des commentaires acerbes sur la responsabilité morale des deux pays à l’égard de la crise syrienne. L'ambassadrice américaine Susan Rice s’est ainsi dite « dégoutée » par l’attitude de la Russie et de la Chine, prévenant au passage que « toute nouvelle effusion de sang sera de leur responsabilité ». Gérard Arnaud, ambassadeur français a pour sa part dénoncé ce double veto comme un « triste jour pour ce Conseil, pour les Syriens et pour les amis de la démocratie ».

Plusieurs dirigeants arabes ont également dénoncé les décisions chinoise et russe de bloquer la résolution présentée au Conseil de Sécurité. Pour le premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem Al-Thani, le véto russe et chinois est un très « mauvais signal » envoyé à Bachar Assad.  Hamadi Jebali, le premier ministre tunisien a été plus vindicatif puisqu’il a appelé à « rompre l'ensemble des relations avec le régime syrien ». Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se sont réunis samedi pour faire le point sur la situation en Syrie.

En Syrie, les affrontements entre les forces du régime et les contestataires se font de plus en plus violents, en particulier dans la banlieue de Damas où le pouvoir tente depuis plusieurs jours de reprendre des quartiers tombés aux mains des insurgés. Dans la capitale la vie quotidienne est rendue de plus en plus complexe par les coupures d’électricité, les pénuries de nourriture, de carburant et autres produits de première nécessité. Les exactions se sont multipliées au cours des dernières semaines. Vendredi soir, plus de 200 personnes auraient été tuées et plusieurs centaines blessés à Homs. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), des enfants ayant à peine 13 ans auraient fait l'objet de tortures de la part de l'armée et des forces de sécurité.

Pour en savoir davantage sur ces événements, vous pouvez consulter notre revue de presse internationale.

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